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  • : Amateurs d'art, je vous invite à découvrir des créations aussi humbles que diverses et variées. Poésie en vers, prose, nouvelles, dessins, peintures, photos... sont au programme de ce blog.
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Salut !

Bienvenue à tous ! J'espère faire partager au plus grand nombre mon amour de l'Art ! Sur ce blog vous pourrez retrouver certaines de mes créations : poèmes, nouvelles, photos, peintures, critiques ainsi que des surprises aussi diverses que variées.

 
Bonne lecture !

 

Nicolas Bodereau

Samedi 7 avril 2007
Chapitre VII de mon roman


Interlude radio



« …Cette histoire a été inventée par un fidèle auditeur de la

radio n°1 de Villatech VLH 1. Il a gagné le concours officieux de la meilleure « histoire sous trictoine », le droit de revenir en deuxième

semaine et peut être remportera t-il la somme de 10000… »

Diego Johnson animateur à la radio VLH 1



-ON AIR-


Deux mécaniciens. Un jeune, un vieux. Ils réparent la voiture de l’un d’eux devant leur garage. L’un d’entre eux, par mégarde, fait tomber des Outils dans les égouts. Incompréhension !
Il se met à genou et jette un œil à travers la grille d’égout. En dessous les outils ont fait place à des souris. Stupeur et incompréhension !
Deux flics sont envoyés sur les lieux et là ils découvrent, une plaque d’égout ouverte et des souris courant dans tous les sens. Rapidement, elles se font piéger par les flics qui les attrapent à l’aide de Fourreaux. Vite ! Direction la fourrière des animaux !!
Les flics sont satisfaits mais ils ne tardent pas à se rendre compte sur le chemin que les souris et les fourreaux ne sont plus là ! Il ne reste plus rien ! Où sont les fourreaux ? Que vont-ils faire ?
A la radio, l’un des flics met Foucault — A non pas lui ! S’écrit l’autre… Et là c’est le drame ! Le non-accident de produit ! Le camion fait une embardée…
Plus de peur que de mal les deux flics n’ont rien le camion fourrière non plus ! Et Qui trouve t-on derrière les flics : Jean-Pierre Foucault ! Stupeur !
Bien évidemment, les trois compagnons continuent leur route à pied !
Au bout d’une heure, ils arrivent à une station service. De là chacun vaque à ses occupations quotidiennes, Foucault quant à lui achète par gourmandise deux bocaux de confiture de fraise et de myrtille. Au moment de repartir, les trois ne sont plus que deux. Chacun tenant un bocal de confiture dans une main. Trois minutes plus tard les deux flics mangent leurs Bounty. Ils sont exaspérés :


Je commence à en avoir marre de ces changements de scénaristes !! Merde ! On comprend plus !


Ouais! C’est pénible. Tu m’avais dit que personnage de BD c’était le panard, tu déconnes ! Je retourne dans mes histoires de roman intello si c’est comme ça !



T’emballe pas ! On n’est pas si mal ici ! Regarde les couleurs ! Quoi qu’elles aient un peu changées avec le renvoi du dernier dessinateur, c’est un peu plus palot maintenant mais il fait toujours beau ! Et puis c’est pas prise de tête comme histoire.


Ouais…Au fait c’est quoi l’histoire ?! Allez ! J’en ai marre j’arrête, je vais m’inscrire au Plan pour la Réintégration des Personnages de Fiction ! Et toi tu fais quoi ?



Je crois que je vais prendre une retraite anticipée! On reste en contact !


Les temps sont durs pour les Personnages Fictifs, la plupart d’entre eux trouvent du boulot dans le monde de la Bande dessinée, les autres, les intellos bossent dans le roman contemporain souvent nombriliste. Il y a aussi les historiens qui se baladent au fil du temps, au fil des siècles… Nos deux amis se demandent ou sont passés les Grands Personnages « les héros » comme on les appelle, les Julien Sorel, les Tomas, les Gosseyn, les Randolph Carter. Ils sont où ? Ils sont où les héros ?

Ceci était un exemple des conditions dans lesquelles travaillent actuellement ces artistes. Des conditions exécrables ! Ils vont en avoir du boulot au PRDF.


-PUB-

par EdgarJ.Ford publié dans : Chroniques (extraites du roman)
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Mercredi 4 avril 2007

Chapitre VI de mon roman

 

 

 

 

Direct Live





Parvenir à mes fins, assis en tailleur sous un arbre je l’espère fortement ! Une trace se dessine sur la fertile mater, l’essence de vie coule tel un point de fuite vers l’horizon. Ce chemin faut-il le suivre ? Assurément non ! Et puis quoi encore ! D’habiles énergies s’exercent sur mon âme. Malines. J’ai les yeux braqués sur cette ligne cassée. Ils avancent ! Mon fusil se fait lourd, mes doigts sont endoloris !

Mais que faire ? Je suis seul devant ! Que font les autres ?

Arrivée à ma dix-septième année je pris cette décision lourde de conséquence, c’est pourquoi je me retrouve là dans ces circonstances. J’honorerais ce choix jusqu’au bout. C’est bien décidé.

La neige se fond en moi. Quelle atroce sensation ! Je ne sens plus mes doigts de pied. Le froid me dévore les entrailles. Ils avancent toujours. A vingt mètres d’ici à l’est du village une famille semble errer. Les inconscients ! Est-ce possible ? Je les reconnais ! — Eh ma chérie, les enfants ! Par ici ! Mais… Par ici ! Ils ne m’entendent pas ! Ils m’appellent à leur tour ! Mais… Mais qui est cet homme qui les accompagne ? Je reconnais cette démarche ! C’est moi ?!! Pas de doutes… c’est moi !!!

Ils avancent toujours. Les flammes grignotent notre drapeau. La neige redouble d’intensité. La campagne prend une couleur sombre. La rivière qui coule vers le loin enfle dangereusement. C’est maintenant un fleuve. J’ai envie de faire la planche et de me laisser emporter vers des contrées plus heureuses. Mais je tiens ma place. Encore. J’ai de plus en plus froid. En regardant sur la gauche je m’aperçois d’une chose, les deux hommes que j’avais tué s-il y a peu- bougent. Je leur tire dessus plusieurs fois. Là ils ne bougeront plus ! Le ciel est bien sombre encore plus sombre que tout à l’heure. Le ciel ténébreux semble fusionner avec la neige sale et maculée de meurtres et de noire terreur. Une odeur me brûle les narines à en crever, l’odeur de la mort. En un instant je comprends. Ce moment de lucidité me sort violemment de la torpeur. Quelques secondes. Adossé à un arbre j’observe la situation avec horreur. Le village part en fumée. Des corps inertes. Je dépose mon arme à gauche de la souche d’un arbre. Je suis seul. Les voix de tout à l’heure m’appellent à nouveau. Elles se font de plus en plus insistantes. Elles se rapprochent. Je suis seul.

Dans la Forêt de Gorzzo la neige cesse de tomber. — Kori ! Kori ! Une voix s’élève, je l’entends à peine je dois délirer encore ! Non, c’est Vidberg qui m’appelle, il a été envoyé par Karson avec sa garnison. Il se rapproche de moi.


Je croyais que j’étais mort !


Non, t’inquiètes pas petit gars ! Tu es juste salement amoché… On va t’envoyer les médecins et tu vas te reposer un peu. Ils vont s’occuper de toi et après tu repartiras au combat, deuxième classe Klassen !


A vos ordres !


Au même moment, sur la délirante île de Kaltte la bataille faisait rage. Les trente pirates, envoyés par Karson en première ligne, étaient sur le point d’atteindre le village de Mhi-Appel. Malgré l’arrivée d’autres autochtones en provenance de Gorzzo les insulaires souffraient face aux assaillants. La progression semblait irrémédiable. Ces guerriers exceptionnels étaient animés par une force et un courage unique ; tous étaient prêts à se sacrifier pour leur magicien. Les autochtones faisaient preuve d’une incroyable bravoure face à ces terribles guerriers ! Les Gorzzons et les Kalttéens réunis étaient près de cent soixante mais n’avaient ni l’habilité ni la puissance et l’organisation de leurs ennemis.

Tandis que le sang coulait sur les terres de Kaltte, Karson le héros légendaire envoya trois flottes au large de l’île et deux en direction du port de Tolan dans le but de les prendre à revers et ainsi stopper l’arrivée des renforts. Les barques ne faisaient pas le poids face aux navires armés de canons reconstruits avec le matériel existant après le chaos, un mélange de matériau moderne ultra résistant et de matériau plus ancien.

par EdgarJ.Ford publié dans : Chroniques (extraites du roman)
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Jeudi 8 mars 2007

 Chapitre V du roman 

 

Karkovtown



« …Karkovtown, ville principale du Nord du royaume.

C’est le sénateur Joe Markov qui lui donna ce nom.

Il n’oublia pas ses origines.... »

Extrait du Guide des Mauvais plans vacance



Légende



Au loin, une chaîne de montagnes ou plutôt de volcans parmi lesquels « Baba Yaga ». Cette histoire s’est déroulée dans le petit village « sibérien » de Karkovtown où la majorité des habitants est d’origine slave. Dans ce petit village situé à l’extrême Nord de la capitale du Royaume Villatech la petite chaîne volcanique allait bientôt se retrouver aussi impressionnante que le Caucase mythique.

Dans ce petit village des histoires extraordinaires sont contées par des anciens comme le vieil ermite Ivan Markov. Enfin ancien ermite puisque après être parti dans les montagnes durant trente cinq ans il décida de revenir parmi les siens. Que d’histoires avait-il à raconter ! Dont celle-ci…

Le Pic de Korneiev se dressait fier, puissant au point de transpercer le ciel. Un cavalier blanc fit son apparition dans la brume naissante, vêtu de sa cuirasse blanche, armé de son arc, de sa lance et d’un bouclier. Hiératique sur sa pâle monture il décocha une flèche en direction des cieux endormis et les premières lueurs du soleil poignirent.

Quelque part dans les environs, dans la forêt sibérienne brûlante, était enfouie la cahute d’Ivan. L’ancien paysan des kolkhozes revenait de sa cueillette de fruit matinale. Cela faisait maintenant près de cinq ans qu'il avait quitté son village. Depuis quelques jours un moment tout particulier de la journée lui était devenu effroyablement indispensable. En effet chaque nuit lui apparaissait un personnage extraordinaire qui se trouvait être « Baba Yaga », du moins il en avait tout l’air. La première fois qu’il lui apparut il y fit peu attention mettant cette vision sur le compte d’un excès de vodka (alcool qu’il volait sans jamais ce faire prendre dans le petit village le plus proche de son néant.) Ca c’était au début…

Cette femme existait dans des contes vieux de dix siècles mais avec la différence nette que ce n’était pas seulement la sorcière ou la déesse qui se tenait devant lui chaque nuit mais aussi la prophétesse. Elle lui annonça que le tout jeune volcan allait bientôt cracher des boules de feu et qu’une lave incandescente allait faire disparaître ainsi toute la Mère Patrie.


Trois semaines durant elle lui apparût la nuit, telle un oiseau de mauvais augure. Venant d’on ne sait où elle surgissait devant lui, armée de son pilon, elle injuriait l’ermite et tous ses contemporains. Lorsque le vent se levait subitement et que les feuilles volaient dans une tornade elle apparaissait perchée sur son large mortier et s’enfonçait dans la sombre forêt. Avec son balai en bouleau elle faisait disparaître ses propres traces. Une horde d’esprit l’accompagnait dans ses voyages funestes.

Chaque jour l’ermite attendait ce moment avec impatience, depuis peu il s’était décidé à faire disparaître par n’importe quel moyen la prophétesse ogresse. Il était certes seul avec son chien mais il ne voulait pas que le chaos s’abatte sur son pays. Il réfléchit à plusieurs stratagèmes. Il en conclut qu’il fallait faire avec l’imprévu puisqu’elle surgissait souvent la nuit à m’importe quel moment. La meilleure solution était avant tout d’attendre son apparition. Puis peut-être tendre quelques pièges dans la forêt, mais pouvait-on piéger une déesse ? Si elle était vraiment une déesse.

En bon chasseur qu’il était, il décida d’installer plusieurs pièges à loups dans les bois. Il en construisit d’autres qu’il plaça ici et là. Serviront-ils vraiment ? Nul ne le savait.



Alors que le soleil était à son apogée, un cavalier flamboyant tout de rouge vêtu semblait s’éloigner dans les bois, portant dans une main une épée enflammée et dans l’autre un grand bouclier rouge marqué du sceau de l’astre solaire.

Ivan préparait le déjeuner pour lui et son fidèle compagnon Tsar. Assit en tailleur devant le feu crépitant et la viande rôtie il réfléchissait au moyen de faire disparaître la sorcière aux dents de fer. Mais était-il possible de compromettre les plans de la reine de la nature ? Etait-il possible d’éviter cette catastrophe annoncée.


« Mère de tous les Russes

Mère Patrie, Terre de liberté éternelle

Entend le souffle de Dieu

S’enquérir de tes souffrances

Mère de tous les Russes

Mère Patrie ,Terre de liberté restera »


Le lendemain de la dernière visite de la sorcière il était bien décidé à trouver une solution, il devait la faire disparaître…

Il se remémora les paroles des anciens lorsqu’ils racontaient cette histoire à l’époque où il n’était qu’un tout jeune enfant. Tous les habitants du village étaient assis, les enfants aux premiers rangs, tous écoutaient le conteur avec intérêt. Il était dit que la sorcière Baba Yaga n’avait pas toujours été mauvaise et cruelle.

Autrefois ce personnage terrifiant était respecté dans son village natal. Elle était la sagesse incarnée. Les habitants des alentours venaient la consulter pour savoir si les futures récoltes allaient être bonnes. Seules quelques personnes refusaient de visiter sa cabane, parmi eux le médecin, la famille Markov, deux riches paysans et le chef du village. Ce dernier, cependant, autorisa ses concitoyens à aller la voir, sans oublier de les mettre sur leur garde. Ils ne croyaient pas en ses pouvoirs. La pensant omnisciente, les habitants la considéraient comme une divinité, leur divinité… Il ne se passait pas un jour où quelqu’un ne vienne déranger sa tranquillité pour un problème de santé, de mauvaise récolte ou même de voisinage. Très vite l’humeur de la Mère des Os commença à changer, elle ne supportait plus les jérémiades de ces être humains égoïstes, envieux et superficiels qui ne s’intéressaient qu’à ce que les voisins pensaient d’eux et qui ne respectaient plus la Nature.

Du jour au lendemain elle disparût. L’absence de la sorcière n’étonna pas les villageois plus que ça dans un premier temps. Elle avait l’habitude de partir souvent quelques jours, puis elle revenait.

Ivan s’échappa quelques instants de ses souvenirs. Cette dernière information l’intrigua un peu. Il se replongea dans le passé. Alors que trois semaines s’étaient écoulées depuis son départ un drame se produisit. A son réveil il se retrouva seul dans la maison de ses parents. Il sortit, il pensait que sa mère était partie aider son père dans les champs (elle le faisait souvent dernièrement), et peut être qu’il y verrait également son petit frère. Sur la petite place, les gens s’étaient réuni, quelques-uns d’entres eux semblaient inquiets. Le médecin et les deux villageois avaient disparus. Personne n’avait aperçu la famille Markov non plus. Avec les derniers évènements survenus, les villageois prirent rapidement la décision de partir à la recherche des disparus. Il parla devant ses compatriotes. Le conciliabule dura à peine dix minutes, un groupe partit à la recherche des disparus, un autre à la recherche de la sorcière Raïssa, les autres restèrent au village au cas où.



Il était tard. Un prince d’ébène galopait sereinement dans la nuit naissante. Tout de noir vêtu l’être sur sa monture sombre fit tomber le soleil dans un profond sommeil.

Ivan préparait son dîner. Tsar avait très peu mangé, il paraissait ressentir l’angoisse de son maître. Ivan avalait sa nourriture sans grand appétit mais il avait besoin de force pour affronter la sorcière. Il se remit à penser à ce vieil incident.

Il se souvint qu’il était au côté du cordonnier lorsqu’il découvrit le corps des deux villageois, inanimés à l’ombre d’un arbre millénaire. La panique montrait le bout de son nez. Il était terriblement inquiet. Dans l’esprit des habitants il y avait le doute. Où était le chef Gregor Ivanovitch Posev ? Sa famille ? Le médecin ?

Les deux petits groupes redoublèrent d’effort. Battant les bois, criant, pleurant, maugréant, ils avancèrent vers leur destiné. Deux heures plus tard des cris de détresse s’élevèrent des bois. Le deuxième groupe avait retrouvé la petite famille d’Ivan au complet. Visiblement éprouvés, ils n’étaient cependant que légèrement blessés. Un peu plus tard le premier groupe retrouva le second et le fils rejoignit les siens, rassuré. La famille au complet ils rentrèrent au village accompagnés d’autres villageois. Les autres continuèrent les recherches encore pendant quelques heures. Ils ne retrouvèrent jamais les deux disparus.



Ivan, accompagné de son chien Tsar, marchait maintenant depuis une demi-heure dans les bois endormis, un flambeau à la main, un couteau attaché à la ceinture. Il savait qu’il ne la débusquerait pas. C’est elle qui le trouverait. Sur le chemin, il était perdu dans ses pensées il ne pouvait s’empêcher de repenser à ce funeste événement qui s’était produit naguère.

Ce fût Nicolaï Fedorovitch Karpov « l’ancien » qui succéda à la tête du village. Chez les habitants de Kharkhovtski l’événement tragique était sur toutes les lèvres, c’était de loin le sujet de conversation le plus important. Tout le monde y allait de sa version. D’aucuns pensaient qu’ils s’étaient fait attaquer par un ours, très présent dans les environs, d’autres pensaient qu’ils étaient tombés dans le Grand Ravin. Mais certains commençaient à trouver bizarre que la Raïssa ait aussi disparu. On connaissait ses pouvoirs. « C’est la Déesse de la Nature ! » S’exclama Alexander Alexandrov. Les autres opinèrent du chef.

Le petit était très courageux, sont héros n’était autre que Nojas celui qui avait dit non au tyran Johan VIII Mifsud. Il espérait devenir plus tard comme son héros. Son intuition lui faisait penser qu’il y avait un lien entre sa disparition et celle des autres. D’ailleurs il avait toujours pensé qu’il fallait se méfier d’elle. Ses bénéfices pouvaient rapidement se transformer en maléfices. Il n’aimait pas beaucoup le médecin et le chef du village non plus.

Il se rappela également qu’à l’époque son esprit très imaginatif lui fit apparaître qu’il y avait sûrement un lien entre les trois personnages. Il pensait aussi que les trois acolytes étaient responsables des larcins et autres incidents du même genre survenu aux populations des alentours. Depuis trois ans, il était défendu de se promener près de la grand route, et de s’aventurer au-delà des bois de Pirko.

La tête dans la lune Ivan continuait à marcher dans la nuit… Son chien à ses côtés… Ils n’étaient plus seuls, un peu plus loin, une ombre monstrueuse se dessinait à la lueur de la lune gibbeuse. Toujours perdu dans ses pensées, il deçida de s’arrêter un instant pour faire une pause. Il ramassa quelques brindilles et quelques branches plus grosses et les déposa en petit tas. Il sortit une allumette de sa poche et alluma un feu. Un peu plus loin, l’ombre était toujours tapie dans l’obscurité, silencieuse. Son long nez découpait la nuit. Quelqu’un la rejoignit. Les oreilles de Tsar se dressèrent d’un coup, le chien commença à grogner, Ivan n’y prêta guère attention.

Il devait être aux alentours d’une heure du matin, le feu crépitait maintenant assez faiblement. Il attendait depuis deux heures déjà et faisant les quatre cent pas autour du feu il essayait de comprendre la situation. Baba Yaga, le médecin, le chef du village, les meurtres, les disparitions, les larcins…

Le médecin Artem Kiryakin était un homme discret. Peut- être trop discret pour être honnête. Mais c’était un bon médecin qui était plutôt poli avec les autres villageois et qui s’entendait bien avec la famille Markov. On pouvait seulement lui reprocher ses absences répétées. Ivan n’aimait pas trop ce personnage, il le trouvait un peu faux et hypocrite et souvent lorsqu’il passait près de chez lui il le surprenait en pleine conversation avec Gregor Posev.

Ce dernier était le chef respecté du village de Kharkhovtski depuis longtemps, il avait succédé à son père et le père à son grand-père… C’était la famille  « régnante » depuis des lustres comme une tradition de meneurs d’hommes. Cet homme était un hypocrite, le roi des manipulateurs ! Ivan l’avait vu être cruel avec certains habitants et même avec des animaux. Tout le monde dans le village savait qu’il commerçait avec des brigands mais personne n’osait le dire. Le dire à qui ? C’est pour cela qu’un jour il s’attira les foudres de Posev en l’invectivant devant des paysans médusés, il avait quinze ans et il le traita de voleur si bien que Posev, pas très à l’aise dû se justifier devant les villageois et tout le monde se tu. Il n’avait peur de rien mais il devrait maintenant se méfier de lui.



De faibles scintillements mourraient au loin dans les ténèbres. D’un geste de la main la silhouette au grand nez envoya son acolyte en direction de la cible. L’ombre à la lumière de l’astre nocturne s’avançait prudemment dans les bois éteints exempts de peur. Elle se rapprocha rapidement mais avec une discrétion folle, empreinte d’agressivité latente. A cent mètres du feu presque endormi, elle sortit un long couteau pointe en bas. Elle la dirigea finalement vers Ivan… une légère ébauche de sourire sur le visage.

Il était allongé sur le flan gauche les yeux grands ouverts faisant dos à son agresseur, les mains sur la poitrine il serrait fortement son poignard …

Alors que la silhouette se précipita sur lui pour lui asséner le coup mortel, tsar réveillé se jeta sur lui tous croc dehors, au même moment Ivan entendant le signal se retourna le poignard pointé vers le ciel. Il le planta dans le ventre de l’assaillant ! Markov à la faible lueur de la flamme regarda le visage du mort et reconnu non sans stupeur le médecin du village ! « J’en étais sûr ! » s’écria t-il. Le chien quant à lui en avait fini de se délecter des bottes de la victime, lorsque ses oreilles se relevèrent à nouveau il pointa le museau dans la direction du nord, il avait entendu quelque chose… Il fila par-là et se mit à poursuivre une ombre… Ivan essaya de faire parler la victime mais il n’y avait plus rien à faire. Il se remit debout et parti à la poursuite de son chien, il savait qu’il n’avait pas flairé n’importe quoi !

Cinq minutes plus tard, après une longue course poursuite à travers les bois, Ivan arriva, son chien tenait la proie par le bras. Le chasseur se rapprocha pour voir quel était le gibier. C’était bien la sorcière qui se tenait là, en bien mauvaise posture, celle-là même qui apparaissait devant lui toutes les nuits depuis quelques mois, menaçante et prophétique. Il pouvait enfin la voir de près. Il s’aperçut bien vite que c’était bien la personne qu’il avait aperçu plusieurs fois (à l’époque ils étaient quelques-uns à refuser d’aller la consulter) dans les alentours du village de sa jeunesse. Cette fois il pouvait l’examiner plus précisément. Le doute qui le travailla si longtemps s’évanouissait maintenant dans la nuit fatiguée. L’ancien chef du village était piteusement affalé par terre devant lui, le bras maintenant libéré de la gueule du chien.


Je le savais ! S’écria t-il. Serguei Ivanovitch Posev ! C’était vous la prophétesse qui annonçait la colère du volcan et la fin de la Mère Russie !


Oui…



La sorcière du village, celle qui possédait la sagesse : Baba Yaga la divine !


Il ne répondit pas. Le sentiment de fierté présent chez l’ancien chef du village avait fait place à un sentiment de honte dont on n'aurait jamais pu se douter à l’époque des faits. Il se reprit :


Oui !


Voilà pourquoi vous n’alliez pas lui rendre visite, vous pouviez la voir dans votre propre miroir ! Le médecin Artem Kyriakin était votre complice. Un complice bien pratique, aidant et discret qui vous adulait. Tous ces meurtres ! Tous ces larcins ! Vous avez voulu tuer également mes parents… Je devrais vous planter ce poignard dans le cœur, espèce de pourri !



Il faut se faire respecter quand on est le chef du village, hein ! Haha ! L’homme le plus puissant est aussi l’homme le plus riche, non ? Hahaha ! Et comme cela le village était aussi respecté dans toute la région ! Les deux tiers de l’argent que je récupérais était pour notre Roi. C’était son plan. Les caisses du Royaume ont besoin d’argent…Quant aux gêneurs il faut les éliminer !


On peut comprendre aisément pourquoi les villages voisins faisaient de moins en moins souvent affaire avec nous. Ils avaient peur… Et c’est pareil dans les autres villages.



Oui, c’est la terreur un peu partout dans les campagnes. Je te l’ai dit le Roi veux renflouer les caisses. Les paysans doivent apporter la quasi-totalité de leurs récoltes, l’impôt agricole plus une grosse somme d’argent au Royaume. C’est généralement le chef de village qui s’occupe de ça et pour cela tous les stratagèmes sont bons de la diplomatie à la terreur. En cas de souci, le Commissariat Central envoie des émissaires accompagnés de soldat pour récupérer l’argent par tous les moyens.


C’est pas normal, il faut que cela cesse ! Mais de toutes façons j’ai entendu dire que Nojas préparait un coup !



Nojas ! Il est fini, il est en prison et il devrait être exécuté dans quelques jours ! Hahaha !


Alors que les deux protagonistes s’expliquaient encore, le chien s’éloigna à reculons avec dans son champ de vision les deux hommes rétrécissant à vue d’œil. Il tournait autour des deux hommes, il observait la situation. Son maître ne tuera pas l’ordure. Ivan attacha le manipulateur à un arbre en attendant mieux. Une demi-heure plus tard deux villageois, se promenant dans les environs, le rejoignirent. Puis se fut au tour des policiers. Puis ce fut au tour des techniciens.

Les trois cavaliers s’assirent à une table. Enfin débarrassé de leurs lourdes armures ils pouvaient profiter de leur liberté. On leur versa un petit whisky. Toute l’équipe était réunie, tous avaient un large sourire inscrit sur leur visage. Les trois s’étaient pris d’amitié les uns pour les autres. L’un des cavaliers se mit à plaisanter avec un homme assit devant lui, l’homme ria aux éclats. Il se leva. — Ok c’est bon les gars on la tien ! C’était la dernière scène ! Ivan Markov –alias Harper Doni- se démaquilla et rejoint le trio pour quelques minutes. Puis il se leva et sortit du studio, il avait de la route pour rentrer chez lui dans son grand appartement de Villatech. Il y retrouverait sa femme Mara, enceinte de trois mois.

Toute l’assemblée (sauf Harper Doni qui était déjà parti) se leva comme un seul homme et se mit à applaudir.

 

par EdgarJ.Ford publié dans : Chroniques (extraites du roman)
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Mercredi 7 mars 2007

 

 

 Chapitre IV du roman

Le Nymphée


« Le jour viendra où la flèche de la justice décochée

déchirera les ténèbres du Royaume. »

E. Nojas




Rebelle


Le Roi Johan VIII de Mifsud, du haut de son building (surnommé le Nymphée) contemplait son Royaume. La bataille qui venait de s’engager risquait de compromettre ses ambitions. Il le savait. La prospérité qui durait depuis plus de quarante ans ne serait bientôt plus. Il avait donc cherché l’homme de la situation. Pour protéger ses terres d’une attaque prévisible il fit appel à l’indomptable Nojas –son ancien ennemi appelé à la rescousse en ces temps de crise- pour être à la tête de sa grande armée. Le dernier Roi vivant sur cette terre, était entouré de mystère.


Edward Nojas n’avait pour ainsi dire jamais vu son roi face à face, quand il s’agenouillait « respectueusement » en bas de la vingt troisième marche amenant au trône majestueux il se sentait mal à l’aise, les ordres qui lui étaient intimés par cette silhouette immobile lui paraissaient irréels, dénués de vie. Le mystère planait sur le Royaume et sur la personnalité du Roi, des choses étranges avaient lieu, mais le plus bizarre lui semblait-il était que pendant longtemps il pensait être le seul à ressentir cela. Mais depuis les choses avaient évoluées. Le groupe de rebelle qu’il commandait jadis était de nouveau en activité, et même s’il avait moins le temps de s’en occuper il en était toujours le fondateur et le chef spirituel. Il avait trouvé des gens qui comme lui pensaient que son Altesse cachait quelque chose, un lourd secret. Ils ne voulaient plus vivre sous le joug d’un tyran déguisé en progressiste dont en plus on ne savait quasiment rien et dont on avait jamais vu le visage. Pour cela il pouvait compter sur son ami Argu Holstrom, c’est avec lui qu’il avait réussi à remettre sur pied le groupe.

Il s’était souvent demandé pourquoi ils étaient si peu à avoir vu le visage découvert, dans la cité un grand nombre d’hommes, de femmes et d’enfants se déplaçaient encapuchonnés, seules les voix permettaient de faire une distinction. Jeune orphelin c’est à l’âge de dix ans qu’il décida de ne plus se poser cette question, mettant cela sur le compte des traditions. Il perdit ses parents trop tôt à l’âge de neuf ans, la seule chose dont il se souvenait c’était une voix sombre et caverneuse lui annonçant la mort de ses parents tombés accidentellement d’un couloir aérien pour piéton. Le problème étant que ces couloirs étaient complètement fermés donc sécurisés. Comment avaient-ils pu tomber alors ? Et où étaient passés les corps ? Ces questions étaient toujours présentes dans son esprit.

Cette situation ne l’empêchait nullement d’être le plus valeureux des combattants, ses trente cinq ans faisaient de lui un guerrier plus sage ayant affronté tellement de situations extrêmes que la peur lui était devenue une quasi inconnue ou plutôt une alliée fidèle.

Il savait que cette bataille, comme chaque bataille, pouvait bien être la dernière. Le roi avait fait appel à lui pour être à la tête de ses armées. Ce même roi qui le fit enfermer, lors du putsch de ..., dans la prison du Royaume avant de le faire libérer juste avant l’exécution.

Ce fût avec ce sentiment de malaise vissé au corps qu’il s’apprêtait à écouter les directives du sage. Il salua les gardes postés à l’entrée, puis pénétra dans la salle du trône. La pièce était dans la pénombre naissante (comme à l’accoutumée), les quelques flambeaux allumés se reflétaient sur les draperies rouges et noires ornant les murs, libérant dans l’atmosphère des effluves malsains et intensément macabres. La voix du roi, caverneuse, prenait grâce à l’écho de cette salle extraordinairement grande et vide, une solennité toute tragique :


La situation est grave, Nojas ! Les hordes de Karan sont sur le point de défaire les Kalttéens ! 


Seigneur ! Laissez moi vous rappeler que les habitants de l’île se sont battus courageusement et… ils résistent encore… les pirates n’ont pas encore quitté l’île !


De plus, ils leur fallaient encore attendre l’arrivée de leurs vaisseaux, toujours amarrés à Sappia, pour espérer atteindre les rivages de Gorzzo. Nojas observait le déroulement des évènements sur l’écran géant du moniteur personnel du roi.

Un long silence s’abattit sur les lieux. Il savait que la petite armée postée sur l’île était loin d’être imbattable, même s’ils avaient le concours des autochtones de Gorzzo réputés sanguinaires (ceux-là même qui avaient tenté de se soulever jadis contre le royaume.) Une seule chose intéressait le Souverain, que les belligérants n’atteignent pas les terres du sud… Que les autochtones se fassent tous tuer par la garnison ennemie il ne s’en souciait guère, leur commerce « extérieur » en prendrait un coup, c’est tout !




En ces périodes de guerres intestines Harrison Goddi Jr affichait une sérénité olympienne sur son visage. Lui, le dernier Architecte en chef encore vivant s’attelait à son dernier projet : la construction de deux grandes villes afin de désengorger les couloirs de Villatech. Elles avaient pour noms Villatech I et Villatech II, « annexes » est et ouest de la capitale. Construites sur la mer le Royaume s’étendrait encore un peu plus, toujours un peu plus. Le Roi bâtisseur avait l’intention de gagner le combat contre la mer. La surface maritime étant beaucoup plus dense que ses terres cela devait changer. Je ne le supporte pas, c’était là sa pensée profonde sans aucun doute, même si le discours officiel était de construire des villes pour accueillir les habitants. Ca faisait du travail en plus. Une équipe de sécurité sous les ordres du Commissaire Anto Milson fût même mise en place pour sa protection. L’inventeur du Désert des Ecrans et fils du maire de la capitale était la cible d’un petit groupe rebelle (plus commandé officiellement par Nojas mais pas officieusement) qui tentait de le capturer afin de stopper les constructions et bloquer les actions royales. Il devait aussi se méfier de certains collègues constructeurs jaloux. Le dernier à son poste ayant été exécuté, on ne sait par qui…

Il était en quelque sorte le petit préféré du roi qui l’appréciait beaucoup, enfin qui appréciait surtout beaucoup le travail bien fait. La très prisée Ecole Supérieure des Architectes, où il avait apprit son métier, avait fait de lui un des personnages les plus important de la cité. Il fallait dire que ce grand blond dégingandé était un constructeur de grand talent doublé d’un esprit extrêmement pointu et brillant. Il avait carte blanche et pouvait laisser agir son imagination débridée. Indépendance complète. Il avait le poste très envié (une rémunération intéressante !) D’Architecte en Chef Officiel du Royaume. Rôle de L’ACOR : Haut personnage du Royaume. Ne pouvant être qu’au nombre de un, il a comme responsabilité la mise en projet de la construction des bâtiments officiels du Royaume. C’est lui qui dirige la Guilde des Architectes, chère à notre Altesse. Ses décisions ne peuvent être remises en question, excepté par le Roi en personne. La dénomination du terme ACOR vient de M. Harrison Goddi Sr. Son détenteur gardera cette distinction à vie. C’est lui qui désignera son successeur quand le moment se présentera…

La plupart le maudissaient. Un quasi-monopole qui ne laissait que peu de place aux autres (qui ne s’occupaient que des projets les plus mineurs : constructions de piscines et de certains immeubles de logements sociaux pour les plus chanceux ! La majorité d’entre eux partaient dans les campagnes du nord pour s’y installer et exercer leur métier avec un peu plus de liberté (toute relative !) En construisant des habitations pour les villageois. Des choses peu ambitieuses. Ils étaient tous sous l’autorité de Goddi.

L’architecte en chef avait du pain sur la planche, mais avec sa méthode révolutionnaire il n’avait pas besoin de main-d’œuvre. Le logiciel informatique qu’il avait mis au point permettait de bâtir quasi instantanément. Son imaginaire était directement lié à un outil informatique de pointe.



Le jour avalait la nuit les ombres dispersées. Dans un petit bar de Villatech Argu Holstrom retrouva quelques collègues, ils fêtaient l’arrivée d’un nouveau : Nixon Reyes. L’endroit était branché. Un des plus branché de la ville, on y croisait tout le gratin urbain, parmi eux tapis dans l’ombre incognitos des membres de la Garde Royale. L’architecture du bar « Le Soleil Alternatif » portait la signature de Goddi le Grand Architecte jusque dans le design de la décoration intérieure. Les lumières nourrissaient l’atmosphère de nuances bigarrées où s’entrevoyaient les ténèbres naissantes. Au plafond un soleil factice faisant office de lustre chauffait la grande salle de ses chauds rayons artificiels. La plupart des gens venaient ici pour cela. Dehors la lumière naturelle du soleil n’était plus qu’un lointain souvenir. La couche d’ozone étant presque arrivée au terme de sa vie, il fallu décider de se protéger correctement. Un immense « plexiglas » -de nouvelle génération- se teintait progressivement tout au long de la journée pour imiter autant que possible feu l’ancienne lumière solaire. Un plexiglas efficace mais qui avait un petit défaut de construction. Il était impossible de sortir entre treize heures et quatorze heures…



Je vous somme d’arrêter !!! Hahaha !!! Allez Nixon détends-toi bois un verre ! Wilson Doni faisait encore le malin, comme d’habitude, il s’était mit debout sur sa chaise pour imiter un des soldats de la Garde du Roi. Il fixa Reyes puis Holstrom de ses petits yeux noirs et rusés.

Holstrom était un ami du « Lion ombrageux.» Ils s’étaient rencontrés lors du long séjour du rebelle en prison. Il était gardien à l’époque, et lui apportait de la nourriture et de l’eau. D’ailleurs bien plus souvent que prévu. Presque tous les jours, ils discutaient tous les deux adossés à la porte de la geôle où était emprisonné Nojas, seul. Il lui exposait sa vision de cette société gangrenée dans laquelle ils vivaient. De la toute-puissance du Roi et des doutes qu’il avait sur les motivations de ce dernier. Holstrom était entièrement d’accord. Il avait été converti par ce séducteur convaincant. Par cet homme au regard si perçant. Ses yeux brun vert semblaient accueillir au fond de leurs iris une myriade de flammes brûlant continuellement. De son mètre soixante quinze il dégageait une autorité impérieuse mais souple, une force de caractère, une chaleur humaine qui n’excluait pas parfois les regard glaciaux. Ses colères et sa mauvaise humeur pouvaient parfois troubler sa sérénité ainsi que les gens autour de lui. Malgré cela et malgré son physique solide il y avait en lui cette sensibilité fragile qui lui apportait une dimension humaine supplémentaire. Les gens disaient de lui qu’il était exceptionnel.

Les deux se retrouvèrent à la libération du rebelle. Le prisonnier, étrangement libéré par Mifsud quelques minutes avant sa mise à mort, fût placé illico aux commandes de l’armée. Un rebelle au pouvoir en place à ce niveau, c’était quelque peu incongru !! Il se méfierait deux fois plus encore qu’auparavant, si c’était possible !! En faction à ce poste depuis peu il engagea son ami comme conseiller. Les deux avaient une grande confiance l’un en l’autre.

Doni continuait ses frasques il singeait maintenant le roi sans visage (personne ne l’avait vu clairement) seul Nojas s’était approché de lui à moins de vingt mètres. Le reste de la population devait se contenter d’écouter sa voix lors de rares déclarations. Le jeune Nixon Reyes riait de bon cœur comme les autres collègues.

L’atmosphère alcoolisée était bon enfant. Après une journée de dur labeur ils étaient heureux de pouvoir se retrouver entre collègues pour partager un peu de convivialité. Doni était déchaîné. Il se leva de nouveau et commença à déclamer ses poèmes –il aimait en composer à ses heures perdues- il le faisait souvent quand il était bourré.



Ecoutez tous… Voici un de mes poèmes, il s’in…titule Amour Céleste


Tendrement enlacés les deux amants roucoulent

Dans leur cher nid, prémices aux gestes amoureux

Leurs ailes déployées recouvrent les frissons frivoles.

Dans le céleste lointain les L se languissent

Alors de retrouver leurs cieux, leurs siens, leur lieu,

Leur lien si chaleureux que périssent factices

Toute amourette futile, passades et jeu frileux.


Perception à l’orée1 des émotions

Ne se résout à te demander Grâce

Jamais. L’avenir enlumine las

Nos idéaux du O de sa terrasse

Divine et montre la voie à suivre : Passion.


Oh toi ! De ta parure céleste

A jamais constante, tu te délestes !

GraV dans la roche le sentiment

Noble à tes yeux d’amour ardent

Tu l’implores éternellement.


Excusez moi une petite gorgée… je reprends :


Je te tiens oh toi !

Esclave de l’amour

Qui perdure en moi !

Par ici la sortie ! Tour

De magie toujours !

A jamais un sort.


Fis-toi

N’attends point

Bats-toi

Tends vers le loin,

Le haut

Envers E contre tous.


Ok Doni ! Mais On le connaissait déjà celui là…


C’est vrai ? Alors un autre, inédit cette fois…


C’est bon ! On t’a assez entendu Doni ! S’exclama leur ami le barman, un large sourire aux lèvres. — Descend de là maintenant !

Toute la salle riait. Ce soir le comique Marco Geli était à l’affiche avec un de ses sketchs les plus connu, malheureusement il avait faux bond à la dernière minute. On lui devait des phrases comme « Tu T’es salie, regarde-moi Cette Trace de Macédoine ! » Ou encore « Il a lâché un vent Trilok Gurtu! » à base de jeux de mot.


Allez un petit dernier pour la route… non pas un verre (le barman s’apprêtait à le resservir) ! Un poème…Un petit poème ! Un pur moment de plaisir.


Amour de bouton de jouissance

Sous ma langue délivrée du manque

Les frissons à travers les sens

Satisfait jusqu’à l’extatique

Perçoivent la lumière nacrée

Chant d’étoile constellée

Cette immensité éthérée

Sur laquelle je danse excentrique.

Humide vérité de l’instant.

Les bras ouverts et le cœur

Parvenu près de l’éternel

Goutte à goutte le bonheur naquit


La salle applaudissait de plus belle. On entendait ici et là disséminés dans la salle des « bravo, quel poète ! », « magnifique ! » ou encore « il fait l’idiot mais il a vraiment du talent ! »


T’as loupé ta vocation Doni ! Cria Reyes dans un éclat de rire général.

Tant pis si le comique Marco Geli n’était pas sur la petite scène du bar, Doni assurait le spectacle dans la salle.

Holstrom discutait plus sérieusement avec un de ses collègues quelques tables plus loin. Il esquissa un sourire devant les frasques de son ami, puis reprit sa conversation avec son collègue.

La discussion était des plus sérieuses. Le royaume était en proie aux polémiques. Surtout à propos du roi. Les encapuchonnés intriguaient aussi de plus en plus.


par EdgarJ.Ford publié dans : Chroniques (extraites du roman)