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Salut !

Bienvenue à tous ! J'espère faire partager au plus grand nombre mon amour de l'Art ! Sur ce blog vous pourrez retrouver certaines de mes créations : poèmes, nouvelles, photos, peintures, critiques ainsi que des surprises aussi diverses que variées.

 
Bonne lecture !

 

Nicolas Bodereau

Lundi 24 juillet 2006

 

 Note : Ce texte est le chapitre I de mon  roman.

   

 


« L’homme se tenait là, devant cette porte

de noires pensées de toutes sortes

le tenaillaient, l’envahissaient ;

et cette porte… »


 


Tempus Fugit



Il était peu sorti cette semaine. Les sens en éveil, exacerbés par l’absence de contingences matérielles, il sentait enfin le poids de sa vie. Cette porte…
Dehors, le soleil brillait de ses couleurs matinales, chaque être était entouré d’un halo céleste. Le Divin veillait. Par la fenêtre on pouvait saisir toute la beauté d’une nature en éveil. Le chant des oiseaux qui coulait, emplis de lumière, sur la fertile mater ; la rosée matinale animée par une plénitude toute musicale entonnait d’infinies mélodies, les unes légères et sautillantes ; les autres guerrières et terrifiantes mais toutes bénies. Un poteau se dressait devant lui…



Quelques heures auparavant, le soleil revêtait son manteau bleu prussien et les songes s’écoulaient dans le sablier de la vie tels de minuscules molécules de temps. L’obscurité se fit l’hôte des idées les plus sordides.
La nuit, la torpeur, l’angoisse me rongent ; les songes vagabonds sans vie pleurent sur des tombeaux infâmes et se lancent dans des errements obsédant. Telle une farandole, les ombres dansent, se moquant des hommes qu’elles fuient, et chaque fleur, pleur, meurt dans la rancœur écœurante de l’humanité. Lugubre défilé d’âmes en décomposition, insalubre chambre et ineffable blâme de lamentation, puisse l’aube annihiler ces maudites pensées, sempiternels maux de l’âme et puisse jaillir la divine lumière révélatrice. 
L’homme voulait franchir le seuil de cette porte, son désir s’était mué en obsession, il était fiévreux… Il se rappelait qu’une semaine auparavant cette force l’avait déjà poussé à tenter la fuite mais des pensées plus fatalistes -germes détestables grandissant dans son esprit- l’avaient contraint à revoir ses plans.
Les derniers rayons de soleil qui parvenaient sur son visage défait avaient maintenant totalement disparu. Le monde des ténèbres l’engloutit à heure fixe, il y était habitué depuis le temps.



Recroquevillé dans un coin de la pièce enténébrée il se remit à méditer sur sa condition, sur ses hésitations, ses proches. Une effervescence se faisait sentir dans la cour de la prison située devant la petite église de marbre rouge. C’était la Prison centrale du Royaume. Elle jouxtait le Grand Commissariat. Seul les détenus les plus dangereux étaient écroués dans l’enceinte de cette prison.
Il n’avait pas peur de se remettre en question « la remise en question colore la force de caractère de subtilité. Elle apporte à la pensée de la profondeur. C’est une force et non une faiblesse si on l’utilise correctement, et un formidable terreau à la création. C’est le moment où l’on bande l’arc le plus possible, moment crucial apparemment calme mais véritablement très intense, vibrant. On réunit tous les éléments d’une situation pour les transformer en énergie plus efficace. Enfin on décoche cette flèche du savoir haut dans le ciel. Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort. »
Il aimait aussi critiquer les gens! : « J’aime bien passer au crible tous ce petit monde ! » Se plaisait-il à se répéter. Dès lors toute la société y passait ; les policiers véreux aidés financièrement par son Altesse, les sénateurs corrompus, les nababs, et surtout son plus fidèle ennemi. Les injustices le révoltaient. En prenant les choses en mains il savait les risques qu’il encourait mais sa liberté d’esprit devait servir une cause, celle du peuple. Cet homme guerrier et artiste –il avait déjà publié des fragments poétique- possédait un côté ascète qui s’associait, malgré tout, assez bien avec son impulsivité et son exubérance d’extravertie. Il aimait se retirer dans une méditation apaisante pour son esprit agité et bouillonnant, cela lui permît d’acquérir un certain sang-froid ainsi que plus de lucidité face aux évènements. Ces critiques étaient parfois moins acerbes envers ses proches. Parfois seulement !
Malgré son respect pour l’Humanité et sa compréhension de la philosophie de chaque être, son agressivité naturelle l’incitait toujours à critiquer ses contemporains. Dans ces rapports, l’apparente sympathie dont il savait faire preuve était un mécanisme naturel qui évitait bien des conflits. Pourtant Dieu sait qu’il aimait la confrontation, c’était un guerrier stratège et un leader dans l’âme. L’agressivité était aussi pour lui l’énergie souterraine primordiale à chaque création. Elle était comme un torrent, elle emportait toujours la décision.
Ed caressait aussi le rêve d’être roi. Il était tel le héros toujours prêt à conquérir, à secourir la veuve et l’orphelin, à sauver la princesse des griffes de l’infâme pater. Toutes ses contradictions, pensait-il, faisaient la richesse d’un Homme.



Toujours arque bouté dans sa position fœtale il sentit la fatigue s’emparer de lui. Il s’endormit.
De l’autre côté de la rive Morphée l’attendait à l’orée d’un bois lui indiquant le chemin à prendre d’un air bienveillant. Il s’empressa de le suivre. Il s’enfonça dans la forêt de son esprit. Il avança d’un pas déterminé. Il semblait connaître le chemin, malgré la brume naissante. Le silence qui régnait dans cette contrée semblait faire place maintenant à des bruits difficilement identifiables. Pas de chants d’oiseaux, ni de vent jouant avec les feuilles, aucun bruit ne parvenait de la rivière non plus. Aucune présence humaine ou s’en rapprochant dans les parages. Arrivé devant une clairière il pouvait enfin distinguer le but de ses pérégrinations, caché derrière les arbres il découvrit un pont qui menait à un édifice. Il passa la rivière semblable au styx. L’atmosphère devint encore plus pesante. Une ombre semblait étreindre les lieux de ses bras néfastes. Hécate dirigeait une armée de loups enragés.


Tout le long de la rivière les scintillements

Eclats d’étoiles à la lueur de la lune-

Eclairent la vision du poète noctambule !

Emprunt d’une mélancolie amère et pourtant…


Mon voyage touche à sa fin, la fin de l’errance

Incarnée par ces murs sur un miroir fragile

Tâché de lis d’eau de Lotus par mille

Reflet trouble à mon âme le divin édifice.


Fin de l’errance, voici la bâtisse

 

O Erato ! Toi qui glorifie les poètes

Que de mes tourments puissent jaillir les vers ! Car vastes

Les ténèbres qui accueillent mes pensées et mon âme

Sombre. Sans toi, hélas, mon cœur pleure. Langueur et larmes…


Apparition

 

Ne Promettez pas la lune à votre dulcinée !

Et la Muse de confirmer ce vieil adage :

Du cœur il faut Percer le secret, déguisé !

Mais il sUt : lisse et doux en était le ramage.

 

Exaspération

 

J’entends au loin les hurlements, mélopées

Eternelles et journalières, échos occultes…

Non ! La lune funambule nullement n’exulte.

N’est-elle pas prude l’égérie des poètes, gênée,

Indignée par cette cérémonie vespérale

Fournissant à l’homme des harmonies envoûtantes,

Enivrant chaque âme d’une émotion fervente ?

Refuge des idéaux comme ta lueur est pâle…


L’aube se fraya alors un chemin dans la jungle de son esprit exténué avec son cortège de concrètes réalités. La nature enveloppait la vie d’une épaisse couche d’humanité, traversée de ci delà par des rayons de haines. Des grognements s’élevèrent de la cour annonçant un funeste événement. Une meute de soldats attendait. Holstrom également, derrière la porte. C’est lui qui le réveilla. Nojas se traîna par terre, chaînes aux pieds et aux mains, et prit difficilement position derrière la porte. Il s’y adossa. Holstrom commença son rapport.

par Nicobode23 publié dans : Chroniques (extraites du roman)
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