SWEET ULALUME
Bienvenue à tous ! J'espère faire partager au plus grand nombre mon amour de l'Art ! Sur ce blog vous pourrez
retrouver certaines de mes créations : poèmes, nouvelles, photos, peintures, critiques ainsi que des surprises aussi diverses que variées.
Nicolas Bodereau
Scénario court-métrage
Titre : Obscurantisme
Auteur : Nicolas Bodereau
1. Int. une ville une maison Une cave - dans le noir–
Un homme (du moins c'est ce qu'on imagine dans l'obscurité) est recroquevillé dans le coin d'une pièce plongée dans le noir. Aucune indication sur le lieu ni sur le temps. Soudain il se réveille en sursaut. Des grognements l'ont réveillé. Des grognements à vous faire exploser le coeur.
L'homme
(dans sa tête)
Hein... Qu'est ce qui se passe !
Où suis-je? (des cris s'élèvent)
Qu'est ce que c'est que ces cris ?
Tiens... ça s'est arrêté !
(d'une voix puissante et claire)
Qui est là ?
C'est le noir total. Plus un bruit. Seuls pour l'instant les cris permettaient de délimiter l'endroit. Délimiter à peu près l'endroit. La pièce semble plutôt grande. Il remarque qu'il est assis dans un coin ,des chaînes à côté de lui, on les lui a enlevées. Mais qui ? Le sol est humide et les murs suintent. Son odorat ne reconnaît pas la substance. Sa langue non plus.
2. int. Toujours Dans la cave -
Le liquide ressemble à de l'eau par sa texture il décide de s'en mettre sur les mains puis se frotte la tête. Mal de tête et nausées comme une gueule de bois.
L'homme
Aie le mal de crâne !
Qu'est ce que j'ai je suis incapable de reconnaître ça !
(il tente à nouveau de sentir le liquide, puis le goûte)
Je sens rien !
On m'a peut-être drogué !
Les chuchotements succèdent maintenant aux cris. Des chuchotements provenant de sa gauche, de sa droite. Des bruits bizarres se mêlent alors à ses messes-basses. Des bruits de chaînes aussi. Pendant un temps qui lui semble interminable. Soudain un cri strident déchire les ténèbres. Son sang se glace.
L'homme
Qui est là ?
Dites-moi qui vous êtes enfin ! Je vais me lever !
(Il tente de se lever et manque de tomber, il se ravise)
Vous savez qui m'a drogué ?
Heeeeeooooo !
Putain de m... !
Son coeur s'accélère. Toujours et encore. Que peut-il faire ? Qui sont-ils ? Son imaginaire commence à lui jouer des tours. Il est peut-être prisonnier. Ce sont peut-être des prisonniers comme lui. Ils ont peur. Tout simplement. Où alors... Ce sont peut-être des êtres monstrueux... Leur grognements, et si il leur servait de repas... Il hésite un instant puis prend la décision de se mettre à ramper en direction du cri le plus proche. En direction du hurleur. Les bruits aux alentours sont de plus en plus forts. La peur devient indicible. L'adrénaline coule dans ses veines et la sueur le long de ses bras. Une sueur aussi froide que la glace.
L'homme
(d'une voix calmée et douce)
N'ayez pas peur, je m'approche ?
Je ne vous veux pas de mal !
3.Int. eclats de lumière
Alors qu'il progresse à même le sol en direction d'une des voix, l'accalmie revient, si bien qu'on n'entend plus maintenant que le frottement de vêtements par terre. Pour lui il est maintenant devenu capital de voir leur visages. Au moins un. L'attente est insoutenable. Toujours les frottements. Des frottements d'habits secs, d'habits trempés. Les efforts qu'il déploie sont immenses. De faibles gémissements s'échappent de sa gorge sèche à en mourir. L’obscurité se fait l’hôte des idées les plus sordides. Tout à coup un éclair de lumière épileptique brûle les yeux de chacun. Si bien qu'ils ont tous le réflexe de se protéger les yeux avec leurs mains ou leurs bras. Peut-être pour ce cacher aussi. Pour qu'il ne puisse pas voir leur visages. En pensant à cette situation bizarre et terrifiante il se remémore le texte d'un poète.
L'homme
(Dans sa tête)
« La nuit, la torpeur, l’angoisse me rongent ; les songes vagabonds sans vie pleurent sur des tombeaux infâmes et se lancent dans des errements obsédant. Telle une farandole, les ombres dansent, se moquant des hommes qu’elles fuient, et chaque fleur, pleur, meurt dans la rancœur écœurante de l’humanité. Lugubre défilé d’âmes en décomposition, insalubre chambre et ineffable blâme de lamentation, puisse l’aube annihiler ces maudites pensées, sempiternels maux de l’âme et puisse jaillir la divine lumière révélatrice. »
...puisse jaillir la divine lumière révélatrice...
J'aimerais bien qu'elle jaillisse cette lumière !
Allez, je continue à avancer !
4. int. Dans la cave- la lumière
Il a aperçu ses compagnons d'infortunes... Ce qu'il redoutait semble se vérifier. Les « autres »ont une apparence monstrueuse. Des visages hideux, des visages purulents. Certains sont habillés de quelques haillons d'autres portent des vêtements à peine usés comme lui. La petite lumière s'allume et s'éteint encore. Elle clignote maintenant. Ses yeux s'habituent de plus en plus. Cette petite lumière poisseuse. Les murs sont vraiment crasseux. C'est le cauchemar intégral. Toutefois ILS semblent peu agressifs. Il continue à avancer. Un souffle d'air froid refroidie quelque peu ses ardeurs. Une porte qui s'ouvre ? Une ouverture dans le mur ? Où peut-il bien être. Il continue. Des bruits de pas. Quelqu'un s'avance. Lui se presse en direction des gémissements. La lumière se stabilise. Il se retrouve nez-à-nez avec le hurleur.
L'être
Qui êtes vous ? Pourquoi vous ne me répondez pas ?
Je peux vous regarder dans les yeux, vous savez !
Allez regardez-moi !
(l'autre se détourne)
Dites moi ce qu'il vous est arrivé ?
L'autre
Ne m'approchez pas... Ne m'approchez pas !!!
Vous me faites peur !!!
Vous me faites TOUS peur !
Vous êtes tous monstrueux ! Au secours (il hurle)
L'être
Ca va pas bien ? Je suis humain. Je suis hu...
Je m'appelle Xander Torada
Tous se remettent à crier et à gémir, alors que les bruits de pas se rapprochent, se rapprochent et s'arrêtent enfin... Un homme immense -le visage dans la lumière aveuglante- tend un miroir à « Xander Torada ». Silence. La lumière s'éteint subitement. Un nouveau cri déchire les entrailles des ténèbres.
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