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Salut !

Bienvenue à tous ! J'espère faire partager au plus grand nombre mon amour de l'Art ! Sur ce blog vous pourrez retrouver certaines de mes créations : poèmes, nouvelles, photos, peintures, critiques ainsi que des surprises aussi diverses que variées.

 
Bonne lecture !

 

Nicolas Bodereau

Vendredi 21 mars 2008

Le 23 septembre 1787 La Bounty, navire sous le commandement du rude mais expérimenté capitaine Bligh, quitte Spithead en Angleterre. Il a pour objectif de rallier Tahiti afin d'y récolter des plans d'arbre à pain pour ensuite les ramener dans les colonies anglaises.
Le voyage est difficile, en effet le caractère colérique et irritable de Bligh n'est bientôt plus au goût de l'équipage. Les réprimandes et les coup de fouets pleuvent pour un rien. L'escale tahitienne va un peu calmer les choses. Pendant six mois les hommes de l'équipage s'activent à la récolte des plans d'arbre à pain et goûtent au bonheur de la vie sur une île paradisiaque. Puis c'est l'appareillage mais rapidement les mauvaises habitudes du capitaine reviennent. A la fin du mois d'avril Fletcher Christian, second de la Bounty, décide que s'en est trop et que le capitaine abuse de son pouvoir sur le navire. Aidé de quelques membres de l'équipage il s'empare du navire au petit matin. Le capitaine, les mains attachées, est conduit hors de sa cabine et amené sur le pont. Des cris s'élèvent dans les cieux pleins de haine et de vengeance. Certains veulent le pendre, d'autres veulent le fouetter jusqu'à ce que mort s'ensuive. Les explications sont expéditives et la mutinerie s'installe rapidement. Fletcher prend sa décision, il installe le prisonnier et dix-neuf de ses plus fidèles compagnons sur une chaloupe et les abandonne en plein pacifique avec un minimum de vivre.

Bligh reprend très vite son rôle de capitaine sur la chaloupe. Après s'être assuré que ses hommes l'écoutent sans rechigner il leur explique que la meilleur solution est de rallier Timor en Indonésie. Cependant avant d'y arriver les obstacles sont nombreux. Leur escale sur l'île de Tofoa n'est pas de tout repos. Dans l'esprit du capitaine les vivres ne doivent servir que plus tard. Seule l'île doit nourrir les hommes pour l'instant. Lorsqu'ils tombent sur des indigènes, ceux là même qui avaient trafiqué pour leurs comptes par le passé, Bligh décide de leur cacher la vérité afin de garder le prestige gagné il y a peu. Cependant très vite la situation se dégrade, les indigènes affluent de partout pour voir des étrangers maintenant en petit nombre. L'île devient de plus en plus dangereuse, le moment est venu pour hommes de fuir. C'est avec difficulté qu'ils atteignent la chaloupe car tout le long du chemin les indigènes les surveillent armés de pierres. Ils peuvent enfin quitter l'endroit, malheureusement avec un homme en moins. Bancroft, qui retournait sur la plage pour récupérer quelques objets oubliés, est très vite entouré et assommé par les jets de pierres. Ses compagnons ne sont pas armés et ne peuvent rien faire sinon s'éloigner le plus vite possible. Les habitants de l'île, après les avoir pourchassés un moment en pirogue, abandonnent finalement.
Ils reprennent donc le chemin prévu et Bligh sait déjà que cette scène se déroulera partout où ils voudront accoster. Les vivres sont donc les seules ressources jusqu'à Timor. Les semaines qui suivent sont chaotiques, plusieurs tempêtes agitent les mers et les esprits des hommes. Le 17 mai, après une énième tempête, l'équipage commence à se plaindre et à se décourager. Ils sont affamés, épuisés et pensent qu'ils n'auront pas la force d'atteindre la Nouvelle-Hollande. Cette étape est cependant leur prochaine escale en cette fin de mois de mai. Ils en profitent pour se restaurer et se reposer. Après avoir étouffé un début de révolte, ils reprennent le cours de leur voyage avec à bord le plein de nourriture et d'eau douce. Les hommes sont si fatigués que pour éviter le pire le capitaine décide de donner double ration. Enfin le 12 juin ils arrivent à Timor exténués et à demi-morts après trois mille six cent dix-huit lieues interminables. Ils y restent deux mois. Bligh, ayant acheté un petit navire à deux mâts, reprend seul la route de Batavia et débarque plus tard en Angleterre. Près d'un an plus tard le reste de son équipage arrive à Portsmouth, ils racontent alors un récit qui touche tout de suite leurs compatriotes. Dans la foulée une frégate nommée Le Pandore part à la recherche des mutins.


Ces derniers, quant à eux, prennent la direction de Tahiti. Début juin, ils arrivent dans la baie de Matavaï, les habitants de l'île sont très étonnés de revoir ceux avec qui ils avaient travaillé auparavant. Ils ne restent qu'une vingtaine de jours. Toujours à la recherche d'un havre de paix ils continuent leur route. Puis comme attirés par cet endroit magique les révoltés reviennent à Matavaï ; là deux tiers des hommes y descendent sans se douter que dans la nuit Fletcher décidera de lever l'ancre sans eux. Certains restent auprès du roi Tippao alors que d' autres se rendent auprès du roi Péno et d'autres enfin s'installent dans le centre de l'île. Morrison et Milward, les deux officiers sauvés de l'exclusion par Fletcher, prennent la décision de fuir de peur qu'un jour un navire n'accoste en ces lieux et ne les découvre. Pour cela ils se mettent à construire un petit voilier pour regagner Batavia. Ils appellent leur navire le Résolution mais doivent attendre pour prendre la mer faute de voiles.
Le 23 mars 1791 le Pandore s'arrête dans la baie de Matavaï. Tout de suite Heywood et Stewart s'empressent d'aller à leur rencontre et racontent leur version de l'histoire. Ils ne sont pas crus et sont enfermés, ainsi que tous leurs compagnons. Ils sont traités avec la plus grande inhumanité. Le Pandore reprend la route de l'Europe mais sur le chemin cogne un récif de corail et sombre avec ses matelots et quelques uns des révoltés. Certains survivants accostent tant bien que mal sur une petite île et de là gagnent Timor à bord d'une chaloupe du Pandore. En juin 1792 ils arrivent en Angleterre et passent devant le conseil de guerre. Quatre d'entre eux sont acquittés mais les six autres sont condamnés à mort pour désertion et enlèvement d'un navire. Stewart et Heywood dans un premier temps condamnés évitent de peu la pendaison et sont graciés.


En 1814 le capitaine Staines, à la tête de deux navires de guerre anglais, vogue en direction de Pitcairn. Une petite île recouverte de palmiers et d'arbres à pains. Il décide de s'y arrêter afin d'y inspecter les lieux. Grand est son étonnement quand il aperçoit les cases, les plantations et bientôt les deux indigènes qui viennent dans sa direction. Ils parlent anglais. Ils disent s'appeler Fletcher Christian et Young. Ils racontent au capitaine qu'un jour le second de la Bounty, ayant abandonné quelques uns de ses matelots à Tahiti, décide de s'inspirer du récit de voyage de Carteret et part en direction de Pitcairn avec la ferme intention de s'y installer. Arrivé à bon port lui et son équipage, l'aspirant Young, des tahitiens et des indigènes de Toubouaï, y établissent leur petite colonie. La Bounty est détruite pour qu'on ne puisse pas les retrouver. Malheureusement des conflits entre anglais et tahitiens naissent et les crimes viennent rapidement gâcher la petite vie sur Pitcairn. Christian est tué par un des compagnons indigènes. Les tahitiens sont massacrés. Puis les derniers anglais meurent aussi, si bien qu'il ne reste plus que John Adams le dernier des révoltés ainsi que ses femmes et les enfants de ses camarades tués. Après la lecture assidue de la bible et de plusieurs livres de prières Adams se convertit rapidement et devient, par la force des choses, le grand prêtre de l'île. Le « roi » de Pitcairn.
Les deux indigènes finissent ainsi leur récit. Ils sont de pères anglais et de mères tahitiennes. L'un est le fils de Fletcher Christian, l'autre celui de Ned Young. Quand le capitaine Staines veut parler à John Adams ce dernier refuse de peur d'être arrêté. Après l'avoir rassuré sur ce sujet le capitaine peut descendre à terre. Il est accueilli par la petite communauté métissée. Il apprend les règles, le mode de vie des habitants grâce à un registre. Plus tard il reprend la route vers l'Europe. John Adams meurt en 1829 et est remplacé par George Nobbs dans le rôle de pasteur, médecin et maître d'école.
En 1853 les habitants de l'île décident de quitter Pitcairn, devenue trop petite pour leur population, afin de s'installer à Norfolk plus grande et au sol plus riche. Plusieurs familles, regrettant leurs anciens habitats, y retournent deux ans plus tard. Ils y prospèrent encore.

 

par EdgarJ.Ford publié dans : Divers
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